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Malkitsédeq · Article 02

Avraham l'hébreu

Le texte de la genèse va, dans un contexte dramatique de guerre, utiliser une expression assez étrange et qui apparaît comme un cheveu sur la soupe :

« Un fuyard vint l'annoncer à Abram, l'Hébreu ; celui-ci habitait parmi les chênes de Mamré, l'Amoréen, frère d'Eschcol et frère d'Aner, qui avaient fait alliance avec Abram. »

Genèse 14:13

D'où vient cette expression הָעִבְרִי (Ha'Ivri) « l'hébreu » ? La première réponse qui nous vient tout de suite à l'esprit tant elle est évidente pour un lecteur qui est exercé à la lecture du texte en langue hébraïque est que cela est en lien avec l'ancêtre d'Avraham nommé עֵבֶר ('Éver) Héber.

La Torah regorge d'exemples dans lesquels un clan, une famille ou une tribu prennent le nom de l'ancêtre avec la terminaison ִי (i) à la fin de ce nom. L'exemple le plus connu est celui qui, avec les modifications successives, a donné le nom « juif ». En effet, cette appellation qui en vérité devrait être traduite par « judéen » se dit en hébreu יְהוּדִי (Yéhoudi), et provient de יְהוּדָה (Yéhoudah) Juda. On a donc rajouté la terminaison i pour passer du nom de l'ancêtre à l'appellation du descendant de cet ancêtre.

On peut donc valider l'argument qui dit que « l'hébreu » est en lien avec Héber. Mais peut-on mettre cette appellation en rapport avec autre chose ?

D'autant plus que le texte biblique le qualifie plutôt « d'araméen nomade » (Deutéronome 26:5).

Le livre des Jubilés au chapitre 11 nous décrit l'enfance d'Avraham comme étant un enfant différent des autres, avec des dons et une lucidité d'esprit extraordinaires. Bien que vivant dans une famille idolâtre, et sans révélation particulière du véritable Elohim, il parviendra à la conclusion que les idoles ne sont que vanité.

Il va confronter son père Terah, qui, lui, met sa confiance en ces idoles. Et ce dernier lui répond qu'il pourrait mourir en disant ces choses publiquement (Jubilés 12:1-8). Plus tard, lorsqu'Avram a 60 ans, il se lève de nuit et met le feu à la maison des idoles. Les gens se lèvent de nuit pour tenter de sauver leurs dieux. Haran, le frère d'Avram, tente de les sauver mais il est pris par le feu et meurt à Ur en Chaldée (Jubilés 12:12-14).

Terah va ensuite quitter Ur et s'établir à Harran avec ses fils, et Avram y restera deux semaines d'années, c'est-à-dire 14 ans (Jubilés 12:15).

Ce n'est que plus tard qu'Elohim va se révéler à lui en lui disant de quitter tout ce qu'il a toujours connu pour se diriger vers la terre dite de Canaan (Jubilés 12:22-31).

Mais un élément important va se produire lors de cette révélation d'Elohim à Avram. Le texte des Jubilés nous dit ceci :

« Et je lui apparus dans la nuit, et je lui parlai : “Ne crains pas, Abram, car je suis ton Elohim, et je suis celui qui t'a délivré de la maison de ton père et de toutes les idoles qui étaient dans la maison de ton père ; et je te délivrerai de tout mal, et je serai avec toi. Et je serai un Elohim pour toi, pour ton fils, pour le fils de ton fils et pour toute ta descendance. Ne crains pas ! Désormais et pour toutes les générations de la terre, je suis ton Elohim. Et le Seigneur Elohim dit : “Ouvre sa bouche, ses oreilles et ses lèvres, afin qu'il entende et parle avec sa bouche dans la langue qui a été révélée”, car elle avait cessé d'être sur les lèvres de tous les enfants des hommes depuis le jour de la confusion [de Babel]. Et j'ouvris sa bouche, ses oreilles et ses lèvres, et je commençai à parler avec lui en hébreu, dans la langue de la création. Et il prit les livres de ses pères, qui étaient écrits en hébreu, et il les copia ; et dès lors il commença à les étudier, et je lui fis connaître ce qu'il ne comprenait pas, et il les étudia pendant les six mois de pluie. »

Jubilés 12:24-28

Ce texte nous donne une autre raison de l'appellation « l'hébreu ». Avraham est appelé ainsi car il est celui à qui le Seigneur a révélé la langue qui était parlée par tous dès la création et qui a cessé d'être parlée à la dispersion des langues lors de l'épisode de la destruction de la tour de Babel. Ainsi il a eu la grâce de pouvoir étudier les livres de ses pères qui étaient écrits dans cette langue-là.

Mais que contenaient ces livres ? Réponse dans le prochain article.