← Tous les articles

Malkitsédeq · Article 05

La promesse vs la Loi

L'apôtre Paul oppose ce qu'il appelle la promesse, et que nous avons clairement identifié dans l'article précédent, à ce qu'il appelle la loi, qui n'est rien d'autre que la Torah reçue par Moshé sur le mont Sinaï et transmise aux enfants d'Israël.

« Car si l'héritage venait de la loi, il ne viendrait plus de la promesse ; or, c'est par la promesse qu'Elohim a fait à Abraham ce don de sa grâce. »

Galates 3:18

La loi (Torah) est un ensemble de règles qui régit la vie de ceux qui y sont soumis et qui leur dit ce qu'il est permis de faire ou pas. Cette loi les connecte à une relation avec Elohim. En quoi peut-elle s'opposer à des promesses que ce même Elohim a faites à un homme pour lui et sa descendance ? Paul lui-même répond clairement : elle ne s'y oppose en rien.

« La loi est-elle donc contre les promesses d'Elohim ? Loin de là !… »

Galates 3:21

Si donc la loi n'est pas contre les promesses d'Elohim, pourquoi l'héritage ne peut-il pas se faire par la loi ?

Pour répondre à cette question, on va utiliser un autre vocabulaire que l'apôtre lui-même utilise en remplacement du mot « promesse » : la foi. Comparons Galates 3:18 et Romains 4:13.

« En effet, ce n'est pas par la loi que l'héritage du monde a été promis à Abraham ou à sa postérité, c'est par la justice de la foi. »

Romains 4:13

Dans ces deux versets, qui se situent dans deux épîtres différentes mais qui traitent du même sujet, l'apôtre cherche à établir le moyen par lequel se réalise ce qu'il appelle « l'héritage » ou encore « l'héritage du monde ». Dans une épître, il dit que ce moyen c'est « la promesse » et non « la loi », et dans une autre épître, il dit que ce moyen c'est « la foi » et non « la loi ».

On voit donc clairement que pour Paul, foi et promesse sont synonymes. Ce sont deux façons différentes de nommer la même réalité.

Quelle est donc cette réalité ? Et pourquoi donc la loi, qui n'est pas contre les promesses d'Elohim, ne peut-elle pas être vecteur de l'obtention de l'héritage ?

Pour répondre à cette question, il faut revenir au moment où cette promesse est faite à Avraham. Elle lui est faite au moment précis où Avraham, qui a vécu toute sa vie au milieu des idolâtres et qui n'a jamais voulu leur ressembler, se trouve en fuite à Harran avec sa famille parce qu'il a mis le feu à la maison des idoles à Ur en Chaldée et qu'on le recherche pour le faire mourir. Il se demande à ce moment-là s'il doit retourner à Ur en Chaldée, et il pose la question à Elohim, qu'il ne connaît pas encore mais dont il connaît intuitivement l'existence : dois-je retourner vers ceux qui me recherchent, ou dois-je demeurer dans ce pays ? Et c'est à ce moment qu'il reçoit la parole du Seigneur lui demandant de quitter son pays, sa patrie et la maison de son père pour se rendre dans un pays qu'il lui montrerait. Et c'est à ce moment précis que le Seigneur lui dit : « toutes les familles de la terre seront bénies en toi » (Jubilés 12 ; Genèse 12).

Cette promesse sera réitérée lors de la ligature de Yitshaq avec une variante : toutes les nations de la terre seront bénies en ta descendance.

Si nous revenons à Jubilés 12 et au moment précis de la formulation de cette promesse, nous voyons qu'il reçoit en même temps la révélation de la langue hébraïque et des livres de ses pères dont nous avons parlé précédemment. Ces livres contiennent ce que nous avons appelé la Torah d'Hénoch. Avraham a donc reçu avec la promesse une Torah, ce que Paul appelle « une disposition » et que Chouraqui traduit par « un pacte » :

« Voici ce que j'entends : une disposition, qu'Elohim a confirmée antérieurement, ne peut pas être annulée, et ainsi la promesse rendue vaine, par la loi survenue quatre cent trente ans plus tard. »

Galates 3:17 — LSG

« Je dis cela : la tora est née quatre cent trente ans après un pacte ratifié par Elohîms. Elle ne l'annule pas, ce qui serait abolir la promesse. »

Galates 3:17 — Chouraqui

Ce que Paul appelle « la promesse » est donc bien plus qu'une simple promesse : c'est un pacte qui est régi par un code légal contenant des règles à respecter. Et le contenu de ce code légal est différent de celui de la Torah de Moshé reçue plus tard, même si les deux codes légaux ont des règles communes.

L'héritage se fait donc par ce pacte, et le code légal établi lors de ce pacte est le vecteur de cet héritage. On comprend donc pourquoi la loi (Torah de Moshé) ne peut pas être le vecteur de l'héritage, bien qu'elle ne soit pas en opposition avec les promesses d'Elohim.

Si tout était si bien ficelé, pourquoi le besoin de donner cette loi 430 ans plus tard ?

Nous y répondrons dans le prochain article.