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Malkitsédeq · Article 03

La Torah d'Hénoch

Soyons clairs sur deux points :

1. Lorsque l'on parle de Torah, contrairement à une idée reçue, il ne s'agit pas seulement de la révélation transmise par l'Éternel à Moshé au Sinaï. Le mot Torah signifie « enseignement », « instruction », « ce qui vise un but »…

2. Il est évident que la Torah vient d'Elohim, mais Elohim lui-même associe sa Torah au nom du personnage par l'intermédiaire duquel il l'a transmise. Ainsi l'on parlera de Torah de Moshé, mais elle vient bien d'Elohim lui-même.

Ceci étant dit, revenons à Avraham. L'ange qui lui parle au chapitre 12 du livre des Jubilés lui apprend l'hébreu et, tout de suite après, il est conduit à étudier les livres de ses pères en étant guidé dans la compréhension par cet ange-là, et cela dura six mois. Que contenaient ces livres ?

Jubilés chapitre 4:16-17 nous répond :

« Et il fut le premier parmi les hommes nés sur la terre qui apprit l'écriture, la science et la sagesse, et il écrivit dans un livre les signes du ciel selon l'ordre de leurs mois, afin que les hommes connaissent les saisons des années selon leur ordre. Et il fut le premier à témoigner aux enfants des hommes des générations de la terre, et il compta les semaines des jubilés et fit connaître les jours des années, et il mit en ordre les mois et les sabbats des années, selon ce qui lui avait été montré. »

Jubilés 4:16-17

Jubilés 6:33-34 ajoute :

« Car ainsi fit le père de ton père : Hénoch commanda à Methuselah son fils, et Methuselah à son fils Lamech, et Lamech me commanda toutes ces choses que ses pères lui commandèrent. Et moi aussi je vous donne commandement, mes fils, comme Hénoch commanda à son fils dans le premier jubilé, le même sujet. »

Jubilés 6:33-34

Hénoch a donc reçu la révélation des temps (un calendrier venant d'Elohim) et une Torah (il a témoigné aux fils des hommes). Ce calendrier va être exposé dans le livre d'Hénoch (1 Hénoch, chapitres 72 à 82), ensuite transmis à Moshé sur le Sinaï lorsqu'il reçoit le livre des Jubilés et que le Seigneur lui raconte l'histoire des patriarches (Jubilés 6:21-33).

Les commandements contenus dans cette Torah sont les suivants :

  • L'interdiction de manger un animal avec son sang
  • L'interdiction de manger en présence de quelqu'un qui mange un animal avec son sang
  • L'obligation de répandre le sang d'un animal abattu à terre et de le recouvrir de poussière ou de terre
  • L'interdiction de verser le sang (assassinat)
  • L'obligation d'honorer son père et sa mère
  • L'obligation de bénir le Créateur (impliquant l'interdiction de l'idolâtrie)
  • L'interdiction de la fornication
  • L'obligation d'un habillement décent
  • Le respect des célébrations de Rosh Hodesh (appelées à tort « nouvelle lune ») qui sont les premiers jours de chacune des quatre saisons du calendrier
  • Le respect des différentes offrandes et saintes convocations des fêtes des prémices, y compris celle communément appelée Shavouot (Pentecôte), à dates fixes d'année en année
  • Le paiement de la dîme aux serviteurs du sanctuaire de YHWH
  • L'interdiction de manger les fruits que l'on plante avant leur cinquième année de production
  • L'obligation de faire relâche pour la terre la septième année
  • L'interdiction de toute impureté
  • L'obligation d'aimer son prochain comme soi-même
  • Pratiquer la justice (au sens juridique du terme)

Jubilés 6:6-8 ; Jubilés 6:15-28 ; Jubilés 7:17-33 ; Jubilés 13:28-29 ; Jubilés 14:18 ; Jubilés 15:1

Voilà ce qui était écrit en hébreu dans les livres des pères d'Avraham, et qu'il va redécouvrir, guidé par l'ange qui parle avec lui. Avraham, qui s'efforçait d'être fidèle à Elohim par intuition sans savoir grand-chose, reçoit maintenant une Torah. Cette Torah est la norme de justice pour tous les hommes, en tout temps et en tout lieu, en ce temps-là.

La justice d'Avraham vient de la foi qu'il a dans les promesses de YHWH et de l'obéissance à tous ces commandements qui lui ont été transmis par ses pères.

C'est ce que le Seigneur rappelle à Yitshaq (Isaac) :

« Il y eut une famine dans le pays — en plus de la première famine qui avait eu lieu aux jours d'Abraham. Isaac alla chez Abimélek, roi des Philistins, à Guérar. Le Seigneur lui apparut et dit : Ne descends pas en Égypte, demeure dans le pays que je te dirai. Séjourne en immigré dans ce pays-ci ; je serai avec toi et je te bénirai, car c'est à toi et à ta descendance que je donnerai tous ces pays ; je tiendrai ainsi le serment que j'ai fait à Abraham, ton père. Je multiplierai ta descendance comme les étoiles du ciel ; je donnerai tous ces pays à ta descendance. Toutes les nations de la terre se béniront par ta descendance, parce qu'Abraham m'a écouté et qu'il a gardé mes observances, mes commandements, mes prescriptions et mes lois. »

Genèse 26:1-5

Avraham obéissait à des lois (Torot, pluriel de Torah).

Remarquez que dans cette Torah il n'y a pas d'interdiction de consommer quelque animal que ce soit, au contraire il est même précisé à Noah, quand il sort de l'arche, que YHWH lui donne tous les animaux comme nourriture, à condition de ne pas les manger avec le sang (Jubilés 6:6 ; Genèse 9:3-4).

Il n'y a pas non plus le commandement du respect du jour du Shabbat, car il est réservé pour être révélé à la descendance de Yaakov (Jacob), à qui il est exclusivement destiné (Jubilés 2:17-31).

Pourtant Noah connaissait la différence entre animaux purs et impurs (Genèse 7:2-3). La réponse se trouve dans la suite du texte (Genèse 8:20). La différence entre animaux purs et impurs n'est pas uniquement dans le domaine de la consommation, mais elle existe aussi pour les sacrifices. Et Noah connaissait cette distinction pour les sacrifices, mais aucune interdiction ne lui fut adressée au sujet de la consommation.