Malkitsédeq · Article 06
Pourquoi la Torah de Moshé ?
Après la lecture des cinq précédents articles, la question naturelle qui monte à l'esprit est : « si les choses sont vraiment ainsi, pourquoi Elohim avait-il besoin de donner une Torah additionnelle à Moshé pour Israël ? ».
En posant cette question, nous n'avons pas inventé la poudre, puisque l'apôtre Paul la posait au premier siècle de notre ère. Et il y répond de façon déroutante, de deux manières.
1. Elle a été donnée comme un pédagogue, pour serrer la vis en quelque sorte à cause des transgressions, pour conduire les Israélites jusqu'à la venue du Messie.
« Pourquoi donc la loi ? Elle a été donnée ensuite à cause des transgressions, jusqu'à ce que vînt la postérité à qui la promesse avait été faite ; elle a été promulguée par des anges, au moyen d'un médiateur. Avant que la foi vînt, nous étions enfermés sous la garde de la loi, en vue de la foi qui devait être révélée. Ainsi la loi a été comme un pédagogue pour nous conduire à Yeshoua le Messie, afin que nous fussions justifiés par la foi. La foi étant venue, nous ne sommes plus sous ce pédagogue. »
Dans ces versets, trois expressions clés se dégagent : a) à cause des transgressions ; b) nous étions enfermés sous la garde ; c) comme un pédagogue.
Pour résumer ce premier point, c'est comme une famille qui a instauré des règles de vie raisonnables pour tous leurs enfants, et que parmi ceux-ci il y en a un que les parents voient comme celui qui doit être en avant pour guider les autres. Ils vont donc décider, parce qu'ils voient que la plupart des enfants, non seulement les leurs, mais aussi ceux de leur entourage, ont des attitudes qui laissent à désirer face à ces règles raisonnables, d'engager un éducateur spécialisé pour leur fils, celui qui est censé être l'exemple à suivre pour les autres frères.
Cet éducateur va ajouter aux règles en vigueur d'autres règles spécialement pour l'enfant pour qui il a été engagé, et ce pour la période de temps qui a été déterminée avec les parents, période de temps que l'enfant ignore. Ces règles ajoutées sont plus strictes et plus minutieuses et vont donc forcément mettre une sorte de séparation (en tout cas pour un temps) entre cet enfant et ses frères et sœurs.
« Vous serez saints pour moi, car je suis saint, moi, l'Éternel ; je vous ai séparés des peuples, afin que vous soyez à moi. »
Cette séparation n'est pas sans risques, et les parents en ont bien conscience, mais pour les besoins de la cause, ils acceptent de prendre ces risques. En effet, les autres enfants peuvent y voir du favoritisme et jalouser cet enfant. Ils peuvent aussi se moquer et le mépriser en voyant qu'il a du mal à respecter les règles spécifiques qui lui sont imposées, un peu comme : « Ah, vous voyez votre fils préféré qui triche avec les règles qu'on lui a imposées. En quoi est-il meilleur que nous ? ». Ils peuvent également vouloir l'éliminer pour restaurer ce qu'eux considèrent comme l'égalité.
« Car voici, tes ennemis s'agitent, ceux qui te haïssent lèvent la tête. Ils forment contre ton peuple des projets pleins de ruse, et ils délibèrent contre ceux que tu protèges. Venez, disent-ils, exterminons-les du milieu des nations, et qu'on ne se souvienne plus du nom d'Israël ! »
Venons-en à la deuxième réponse de Paul à la question du pourquoi de cette Torah donnée à Moshé :
2. L'autre facette du plan d'Elohim pour Israël était que le péché abonde, car le propre des règles, c'est qu'elles suscitent le désir de transgression. On pourrait répondre à cela en disant que la Torah d'Hénoch avait aussi des règles et que l'effet serait donc le même. Non, l'apôtre Paul nous explique qu'il y a dans la Torah de Moshé un élément qui est un excitateur du péché et qui rend la Torah sans force. Le but était que le péché abonde, pour pouvoir faire grâce à tous.
« Mais l'Écriture a tout renfermé sous le péché, afin que ce qui avait été promis fût donné par la foi en Yeshoua le Messie à ceux qui croient. »
« Or, la loi est intervenue pour que l'offense abondât, mais là où le péché a abondé, la grâce a surabondé. »
« L'aiguillon de la mort, c'est le péché ; et la puissance du péché, c'est la loi. »
Les choses étant ainsi expliquées, la conclusion logique vers laquelle se dirigerait tout homme est la suivante : la loi est donc mauvaise. Paul y répond :
« Que dirons-nous donc ? La loi est-elle péché ? Loin de là !… »
« La loi donc est sainte, et le commandement est saint, juste et bon. »
« Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle… »
Maintenant que le pédagogue a accompli son œuvre, maintenant que l'offense a abondé, est venu le temps du Messie, le temps de faire grâce à tous. Oui, mais comment marcher concrètement au quotidien ? Quelles règles suivre ? Car nous sommes conscients qu'il n'est pas question de parler d'une vie qui ne soit pas régie par des règles.
Nous en parlerons dans le prochain article.
